Projet terminé
(contribution en espèces du CECI)
(Fondation Mennonite pour le développement de la Colombie)
1000 personnes en bénéficient indirectement
Depuis 2014, le Venezuela fait face à une crise économique, sociale et politique sans précédent. La chute mondiale des prix du pétrole, dont l’économie vénézuélienne dépendait largement, combinée à la mauvaise gestion du gouvernement, a précipité le pays dans la plus grande récession de l'histoire occidentale. Les pénuries de nourriture et de médicaments, l’absence de services médico-sociaux, la répression politique, les tensions et violences qui en résultent, ainsi que la pandémie de COVID-19, ont rendu les conditions de vie de la population vénézuélienne insoutenables. 5 millions de personnes ont été contraintes à l'exil depuis le début de la crise, dont près de 40% ont trouvé refuge en Colombie voisine, dans l’espoir d'une vie meilleure.
Mais la stabilité de la Colombie est actuellement affectée par les difficultés liées à la mise en œuvre de l'accord de paix entre l'État et la guérilla des FARC, ainsi que par la pandémie de COVID-19. L'État colombien peine à répondre aux besoins de sa population en matière de santé, d'éducation ou de sécurité, et près de 8 millions de Colombien-ne-s se sont déplacé-e-s des campagnes vers les périphéries urbaines pour tenter d’accéder à de meilleurs services. En raison de leurs ressources limitées, les migrant-e-s vénézuélien-ne-s et les déplacé-e-s colombien-ne-s se retrouvent dans les mêmes quartiers marginalisés, tels que le sud de Bogotá et Soacha. Les deux groupes sont confrontés à de nombreux défis économiques et sociaux communs, mais les opportunités des Vénézuélien-ne-s sont d’autant plus limitées que leur statut les contraint à occuper des emplois informels, voire à l’exploitation par le travail. De plus, les migrant-e-s vénézuéliens-ne-s sont souvent victimes de discriminations, car ils/elles sont perçu-e-s comme une menace pour l’économie nationale.
Les femmes et les jeunes filles vénézuéliennes, en particulier, font face à de terribles conditions de migration et de vie, une fois réinstallées. Elles sont systématiquement exposées à des abus et à des violences sexuelles, et sont davantage contraintes au travail forcé, en particulier au trafic de drogue et à la prostitution.
Afin de réduire la vulnérabilité économique et sociale des femmes dans la région de Bogotá-Soacha, le projet a alloué des capitaux de démarrage pour soutenir le développement de petites entreprises menées par des jeunes femmes migrantes vénézuéliennes. Un appui technique leur a également été apporté afin de consolider leur plan d’affaires et d’améliorer leur rentabilité. De plus, des occasions de commercialisation et de mise en réseau leur ont été offertes afin d’accroître la portée de leur entreprise.
Grâce à ces capitaux et à cet accompagnement, les jeunes entrepreneures ont pu, à terme, générer leurs propres revenus par le biais d’une activité économique ne mettant pas en péril leur santé, leur sécurité ni leur intégrité physique et psychologique. Le projet a aussi bénéficié aux communautés où vivent ces jeunes femmes, puisque la sélection des projets d’entreprise a pris en compte les retombées positives qu’ils auront pour les autres femmes et filles, et le soutien offert a renforcé les capacités des jeunes entrepreneures à devenir des actrices de changement.
Pour prévenir et lutter contre l'exploitation sexuelle et la violence basée sur le genre, les entrepreneures ayant bénéficié des capitaux de démarrage, ainsi que des membres de leur famille et de leur communauté, ont participé à des séances d'information et de sensibilisation à la violence sexiste, à l'exploitation sexuelle et à la traite des êtres humains dans le contexte des migrations internationales et nationales. Un accent particulier a été mis sur l'engagement des hommes et des garçons en tant qu’alliés essentiels pour prévenir ces violences et favoriser la prise en charge des victimes.
De plus, afin d’améliorer la coexistence pacifique entre les communautés de personnes réfugiées, déplacées et d'accueil, des formations sur la prévention des conflits, la médiation communautaire, la coexistence pacifique entre des groupes d'origines différentes et le leadership des femmes dans la résolution des conflits ont été offertes.
jeunes femmes reçoivent un capital de démarrage pour développer un projet d'entreprise
femmes sont formées sur la violence sexiste, l'exploitation sexuelle, la traite des êtres humains et les mécanismes de prévention et de gestion des conflits communautaires
