

Nouvelle
Le CECI était à Women Deliver! Cette conférence internationale, la plus importante pour les droits des femmes et des filles et l’égalité de genre, s’est tenue à Melbourne, en Australie du 27 au 30 avril 2026.
Elle a rassemblé plus de 6 100 personnes de 189 pays, organisations de femmes et de jeunes, mouvements féministes, chercheur-e-s, bailleurs et décideur-euse-s pour échanger sur des enjeux clés liés à l’égalité de genre, à la santé des femmes et l'autonomie corporelle, aux droits et à la justice sociale. La conférence a également permis de co-créer la Déclaration de Melbourne pour l’égalité de genre, qui appelle à rééquilibrer l’écosystème en faveur de la redevabilité et des droits : “un monde où les États respectent leurs obligations, où les mouvements féministes disposent des ressources et de l’espace nécessaires, et où l’ensemble des acteurs s’alignent pour soutenir ces efforts.” Déjà signée par 10 pays, dont le Canada, cette déclaration marque un engagement fort.

Durant cette conférence, le CECI a animé deux panels au cœur de ses priorités.
Le premier, modéré par Faizatou Sylla (Réseau des Héroines du Faso), a mis en lumière des approches innovantes à l’intersection de la justice climatique, de l’autonomie corporelle et de l’action collective. Jessica Hessouh (Association des Juristes Sénégalaises), Sonia Farida Tiemtoré (Réseau des Héroines du Faso), Julie Théroux-Séguin (CECI) et Pauline Nana (Association Soutien aux Enfants et Femmes Vulnérables, Burkina Faso) ont montré comment les organisations de femmes développent des réponses ancrées dans les réalités locales, en combinant savoirs endogènes, plaidoyer basé sur des évidences, accompagnement juridique et outils numériques.
Le second panel, modéré par Chanceline Mevowanou (Jeunes filles actrices de développement, Bénin), a réuni Tope Thiaw Fall (JGEN Sénégal), Tamara Huggins (Equality Fund), Lucía Mesa Vélez (Lady Smith) et Julie Théroux-Séguin (CECI). Les échanges ont exploré les stratégies féministes face à la montée des discours anti-droits, en croisant contextes politiques, développement de l’IA féministe et expériences de terrain, pour continuer à faire avancer les droits dans des environnements contraints.
Quelques voix fortes de ces événements :
Certains acteurs détournent nos messages et co-opte notre langage, pour nous décrédibiliser et mettre en avant leur discours anti-droits. À nous d’être créatives, de riposter et de garder nos priorités au centre. - Tope Thiaw Fall, JGEN Sénégal
L’impact des changements climatiques est encore trop souvent traité sans lien avec la santé et les droits sexuels et reproductifs. Pourtant, c’est un facteur clé dans l’augmentation des violences basées sur le genre et des enjeux de santé pour les jeunes filles et les femmes, notamment au Sahel. Lors des crises, les jeunes filles et les femmes perdent l’accès aux soins et à l’information, alors même qu’elles s’organisent et agissent déjà, notamment grâce au numérique. - Sonia Farida Tiemtoré, Réseau des Héroines du Faso
En plus de la réduction des financements, nous voyons également l’intoxication des discours parfois même de nos alliés. Mais nous continuons à porter une vision claire qui guide notre ambition, celle de mouvements de femmes forts qui portent leurs voix là où ça permet de faire une différence - Julie Théroux-Séguin, CECI
Nous ne sommes pas là uniquement pour résister aux narratifs anti-genre — nous sommes là pour tracer la voie. - Tamara Huggins, Equality Fund