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L’entreprenariat féminin et la riziculture, une équation gagnante au Bénin !

Bénin

Le Projet d’Appui à l’entrepreneuriat féminin au sein de la filière riz Bénin (PAEFFR) mis en œuvre en 2017 a tenu sa promesse d’accroître le pouvoir économique des femmes en transformant leurs méthodes artisanales de production et de gestion par des techniques plus efficaces répondant à des normes de qualité supérieure. Couvrant six communes du département des Collines (Banté, Dassa, Glazoué, Ouèssè, Savalou et Savè), il a permis de renforcer la vocation économique de l’Union Régionale des Femmes Étuveuses des Collines (URFER-C) et de ses six coopératives communales.

Récemment, les performances exceptionnelles du PAEFFR ont retenu l’attention des autorités nationales pour la promotion du riz étuvé du Bénin. Lors de la visite de terrain de la Vice-Présidente, Mme Mariam Chabi Talata en avril dernier, s’est déclarée en faveur de décisions favorisant la consommation du riz béninois, s'inscrivant dans la vision du chef de l’État Patrice Talon, à travers le volet Agriculture du Programme d’action du gouvernement 2021-2026.

« L’État reconnaît la grandeur de la tâche mise en œuvre par l’Union régionale des femmes étuveuses de riz des collines (URFER-C) en matière d’apport qualitatif à la nutrition pour le bien-être de la population béninoise, tout entière » Mme Mariam Chabi Talata

L’URFER-C, créée en octobre 2014 après une visite d’échange sur les expériences d’étuvage de l’Union Nationales des Étuveuses de Riz (UNERIZ) du Burkina Faso, compte aujourd’hui 1076 femmes dont 342 jeunes filles/femmes qui ont su trouver leur juste place dans la filière du riz.

Modernisation, investissements dans la machinerie et optimisation de l'existant font partie des clés du succès. Les femmes disposent désormais d’un matériel renouvelé : trieuse-optique, épierreuse-vanneuse de riz paddy, panneaux solaires, réservoirs d’eau et une ensacheuse, autant de matériels qui ont révolutionné la production. Le centre de transformation finale s’est bonifié grâce à la construction d’un magasin, d’une mini rizerie et d’une aire de séchage à l’ombre. En outre, quatre sites d’irrigation à Bantè, Dassa, Glazoué et Ouèssè permettent aux femmes de mieux se protéger de la variabilité de la pluviométrie et d’améliorer les rendements et la production du riz paddy en quantité et qualité.

Les résultats parlent d’eux-mêmes. La production a été multipliée au moins par vingt en l’espace de cinq ans. La production de riz paddy est passée de 30 tonnes en 2017 à 645 tonnes en 2021 concernant celle de riz étuvé de 18 tonnes en 2017 à 405 tonnes en 2021. Grâce au dépôt du label Riz SAVEUR avec deux produits phares (étuvé long grain et étuvé cassé), l’union a rapidement trouvé son marché. Sa clientèle repose sur des grossistes nigérian-e-s sur le marché de gros (Glazoué) et les consommateurs-trices des grandes villes (Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, Parakou) ou encore les Lycées agricoles, supermarchés, centres de santé. Selon le maire de la Commune de Glazoué, M. Gilles Houndolo :

« Le riz étuvé des collines est un aliment de très haute qualité, deux à trois fois plus riche en vitamine B1, B2. Plus qu’un riz, je dirai que c’est un alicament » M. Gilles Houndolo

Outre cette reconnaissance nationale, les objectifs d’améliorer la gestion financière et les services financiers ont été atteints. La gestion financière traditionnelle peu fonctionnelle et sans mémoire institutionnelle a été métamorphosée grâce à un système de gestion informatisée et des procédures de gestion administrative, comptable et financière améliorées. De plus, en 2021, 532 femmes étuveuses de riz ont complété une formation en lecture, écriture et calcul et pour une meilleure gestion de leur activité d’étuvage. Par exemple, 35% s’expriment mieux en langue française d'où un accès accru à l’information circulant dans la filière riz et au sein des coopératives. Une étuveuse témoigne :

« Quand je pense à tout ce que j’ai perdu depuis si longtemps parce que j’étais analphabète, ça me fait mal. J’ai envie de pleurer... L’alphabétisation a complètement transformé, changé ma vie » Étuveuse du projet PAEFFR

Mieux outillées, les femmes étuveuses peuvent désormais produire aisément des documents administratifs et planifier leur travail. Les effets de cette alphabétisation sont positifs dans la vie des femmes étuveuses de riz en termes d’autonomisation. S’ajoutent des séances sur les masculinités positives qui ont contribué à une plus grande participation des femmes productrices et étuveuses à la vie associative et à une concertation améliorée en termes de décision au sein des ménages. Elles sont mieux représentées dans les cadres de concertation et participent au dialogue politique pour défendre leurs intérêts.

Aujourd’hui, l’URFER-C est une organisation dotée d’une gouvernance autonome, offrant sur le marché du riz étuvé de référence et compétitif, assurant l’amélioration des conditions de vie des femmes membres.

Bien que ce programme prenne fin en novembre 2023, espérons que la rentabilité de la production du riz étuvé et les enjeux de plus en plus cruciaux d’une autosuffisance alimentaire en Afrique motivent les autorités à poursuivre l’organisation de la commercialisation du riz local, notamment en soutenant les étuveuses de L’URFER-C.

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Le projet PAEFFR projet est réalisé avec l’appui financier d'Affaires mondiales Canada

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