
Nouvelle
L'accès à la terre demeure un défi majeur pour de nombreuses femmes en Afrique de l'Ouest. Au Ghana, où elles représentent 50 % de la force de travail agricole, mais ne possèdent que 8 % des terres, le système Taungya modifié (STM) offre une approche prometteuse pour renforcer à la fois leur autonomie économique et la restauration des paysages forestiers.
Cette approche a été mise en lumière lors du webinaire « Femmes, terres et forêts : tirer parti du système Taungya modifié (STM) », organisé le 9 juillet 2026 dans le cadre du projet Adaptation climatique fondée sur la nature dans les forêts guinéennes d'Afrique de l'Ouest, financé par Affaires mondiales Canada. Mis en œuvre par le consortium EUMC et le CECI avec plusieurs partenaires, dont l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le projet intervient auprès de 68 communautés situées dans les zones tampons de réserves forestières stratégiques en Côte d'Ivoire, en Guinée et au Ghana.
Au Ghana, l'UICN met en œuvre le système Taungya modifié, une approche d'agroforesterie participative qui permet à des agricultrices et agriculteurs de cultiver des terres forestières dégradées tout en contribuant à leur reboisement. Grâce à ce mécanisme, des femmes peuvent accéder à des parcelles situées dans le domaine forestier national afin d'y cultiver des denrées alimentaires tout en participant à la restauration des écosystèmes forestiers.
Les résultats observés sont encourageants :
Dans les réserves de Bura et de Bosomtwe, 50 hectares de terres dégradées ont été restaurés grâce à la participation de 83 agricultrices et agriculteurs, dont 53 femmes. Les exploitantes conservent 100 % des bénéfices issus de la vente des cultures vivrières associées aux plantations d'arbres. Elles bénéficient également d'un droit légal à hauteur de 40 % des revenus générés par l'exploitation future du bois d'œuvre, créant ainsi des perspectives économiques à court et à long terme.
Le projet favorise aussi l'entrepreneuriat vert féminin. Vingt-trois pépinières gérées par des femmes ont été créées ou renforcées, tandis que plus de 500 micro, petites et moyennes entreprises locales reçoivent un accompagnement technique et financier. L'amélioration des revenus contrôlés par les femmes contribue également à renforcer la sécurité alimentaire des ménages.
Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Les normes socioculturelles continuent parfois de limiter l'accès des femmes à la terre, tandis que les changements climatiques accentuent les risques liés aux sécheresses, aux feux de brousse et à la dégradation des écosystèmes. La pérennisation des acquis passera également par le renforcement de l'accès aux marchés et au financement pour les entreprises locales.
Les échanges ont néanmoins démontré le potentiel du système Taungya modifié pour répondre simultanément à plusieurs défis. En favorisant un accès plus équitable à la terre tout en soutenant la restauration des forêts, cette approche contribue à renforcer la résilience des communautés et l'autonomisation économique des femmes.