

Récit de changement
En retirant mes gants de latex, j'observe mes mains marquées par quelques piqûres. Ces mêmes mains qui, il n'y a pas si longtemps, tressaient, coiffaient et préparaient des clientes pour des anniversaires, des mariages et d'autres moments marquants. Aujourd'hui, elles accomplissent un tout autre geste, tout aussi précis et délicat : prendre soin des abeilles qui peuplent mes ruches remplies de miel.
Je m’appelle Valérie Mayaba et j’ai pratiqué le métier de coiffeuse pendant des années dans mon village de Papatia, au Bénin. Je n’aurais jamais cru qu’à 44 ans je serais amenée à me réorienter en apiculture. C’était pour moi une affaire d’hommes, complètement inaccessible, même si mon mari est lui-même apiculteur! Pourtant, avec les années, je me rendais bien compte que ma clientèle n’était pas suffisamment régulière pour me permettre d’avoir un revenu suffisant pour être autonome. Je dépendais constamment de mon époux pour la moindre petite dépense...comme le serait une enfant.
Ma vie a pris un nouveau tournant lorsque le projet API RENOVA, mis en œuvre avec l'appui du Programme de coopération volontaire (PCV) du CECI et de ses partenaires, est arrivé dans notre village. Grâce aux formations offertes sur la fabrication, l'installation et l'entretien des ruches, j'ai découvert une activité à laquelle je n'aurais jamais pensé auparavant. Je me suis dit : « Pourquoi ne pas essayer? »
J’ai commencé par installer quatre petites ruches sur le site apicole de mon mari. En quelques mois, mes vaillantes petites abeilles avaient déjà produit 43 litres de miel! Avec la vente de ma production, j’ai récolté 150 000 francs CFA. C’était bien plus que mon revenu de coiffeuse pour la même période. « Aujourd’hui, je me rends compte que l’apiculture est une activité vraiment rentable. Avant, avec la coiffure, je gagnais à peine de quoi couvrir certaines dépenses. Désormais, je peux contribuer aux charges de la maison sans attendre le retour de mon mari. »
Cette expérience m'a permis de développer de nouvelles compétences, de diversifier mes sources de revenus et de contribuer davantage aux dépenses de ma famille. Elle illustre comment le Programme de coopération volontaire, en favorisant le partage d'expertise et la formation avec ses partenaires locaux, ouvre de nouvelles possibilités économiques pour des femmes comme moi et leur permet de développer pleinement leur potentiel.

Au fil des mois, je ne me suis jamais lassée de contempler mes petites ouvrières travailler assidûment à leur labeur. Je les contemplais bourdonner autour des caissons de bois, affairées, avec tant de fierté! Depuis cet instant, je mets tout en œuvre pour faciliter leur travail. Je suis leur gardienne et amie dévouée.
En tant que première participante au projet à avoir réalisé une récolte de miel, je suis véritablement privilégiée d’avoir ouvert la voie à d’autres femmes de Papatia. Une volontaire du CECI, Martinienne Awori, qui m’a accompagnée pendant le processus, a même produit une vidéo de mon évolution. Je ne pensais jamais avoir la chance de vivre une telle expérience!

Avec le temps et l’expertise, mes revenus ont continué d’augmenter et cela m’a permis d’ouvrir une petite boutique de produits dérivés dans mon quartier. Je peux désormais répondre à mes besoins et ceux de mes enfants en toute autonomie, sans nécessairement que mon mari doive intervenir. Mes relations avec lui sont par ailleurs beaucoup plus saines. Nous nous parlons maintenant sur un même pied d’égalité à propos de notre avenir, de celui de nos enfants. Je me sens davantage respectée et considérée dans mon foyer...et ça, ça vaut tout l’or du monde!
Mais, si vous me connaissiez, vous sauriez que je ne compte pas m’arrêter là! J’aimerais devenir une grande entrepreneure, parfaitement indépendante et reconnue dans l’industrie du miel. Un pas à la fois, je sais que cela sera possible.
Cette activité est réalisé dans le cadre du Programme de coopération volontaire du CECI financé par le Gouvernement du Canada.
