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Congé solidaire : l’expérience de Renate Milos au Sri Lanka

Gestionnaire d’équipe dans une compagnie pharmaceutique, la montréalaise Renate Milos est partie au Sri Lanka en septembre 2016 dans le cadre du volet Congé solidaire du programme Uniterra du CECI et de l’EUMC – une initiative qui permet à un-e salarié-e de réaliser, avec l’appui de son employeur, un mandat de coopération internationale de courte durée dans un pays en développement. Trois semaines durant, Renate Milos a ainsi partagé son expertise avec un partenaire du programme Uniterra œuvrant dans le secteur du tourisme.

Lorsque Renate Milos assure que, quels que soient les efforts qu’elle peut déployer lorsqu’elle voyage à l’étranger, il ne lui est jamais donné de se fondre parmi la population locale, on la croit aisément. Du haut de son mètre 80 et avec ses cheveux blonds, cette Canadienne d’origine germano-polonaise ne passe pas inaperçue - à l’exception, note-t-elle en riant, de la Scandinavie. Pas de quoi pour autant dissuader cette Montréalaise de 52 ans de parcourir le monde, avec l’envie, toujours, d’approfondir sa connaissance des communautés qu’elle rencontre et de découvrir de nouveaux horizons. « De ce fait, lorsque je suis arrivée au Sri Lanka, je n’ai pas éprouvé de choc culturel ou même eu besoin d’une période d’adaptation, se souvient Renate Milos. Je me suis mise au travail immédiatement. »

Une expérience gratifiante et enrichissante

En étroite collaboration avec l’Autorité de développement du tourisme dans la province de l’Est (Eastern Province Tourism Development Authority - EPTDA), elle a œuvré à  l’élaboration de plans stratégiques de développement. « Après 30 ans de guerre civile, il est évident que les infrastructures et la main d’œuvre qualifiée font défaut, commente Renate Milos, qui estime que la région dispose de tous les atouts naturels, historiques et culturels pour devenir un lieu touristique exceptionnel. Dans cette région peu développée, presque tout en matière de tourisme est à bâtir et à organiser. C’est un chantier immense, mais c’était incroyablement gratifiant de participer à tout cela ! »

Pour Renate Milos, qui, après des études en microbiologie et immunologie et plusieurs années de recherches médicales, a fini par intégrer la compagnie pharmaceutique Abbvie, ce fut aussi une formidable occasion d’apprendre, tant sur l’industrie du tourisme que sur des façons différentes de travailler et d’appréhender les problématiques. « J’ai apporté mon expertise en terme d’approche stratégique et de plan de développement, mais il est bien évident que lors d’un mandat de cette sorte, les échanges et les apprentissages vont dans les deux sens. Et que j’ai appris autant que j’ai donné. »

S’il est un stéréotype qu’elle tient à combattre, c’est justement celui qui veut que ce genre de mission soit en réalité des vacances déguisées. « C’est vrai que j’ai mis à profit mes deux fins de semaine pour quitter Colombo et visiter la région, mais je peux vous assurer que durant la semaine le rythme de travail est soutenu. Nous avons un mandat à réaliser en un temps imparti, et il n’est pas question de paresser ni de faire perdre son temps à notre partenaire. »

Appuyer les architectes du changement

Certains pourraient questionner l’intérêt d’un engagement de si courte durée. Renate Milos n’a pas de doute à l’effet que les conseils et l’expertise partagés pendant trois semaines ont un impact significatif. « On fait une différence dans la mesure où, au moment de repartir, on laisse quelque chose derrière nous, assure-t-elle. Une idée, un document sur lequel s’appuyer pour des développements futurs, quelque chose avec lequel le partenaire peut continuer à travailler après notre départ. Sans compter que notre appui est précédé par le travail d’une autre personne et suivi quelques semaines plus tard par un-e autre volontaire. Notre mission n’est pas isolée. Elle est en outre bien définie par le programme de coopération Uniterra et s’inscrit dans une perspective plus large, » précise la Montréalaise, qui se dit tout à fait prête à repartir pour un autre mandat, au Sri Lanka ou ailleurs, soit dans le cadre du volet Congé solidaire, soit, une fois à la retraite, pour un engagement en coopération internationale de plus longue durée.

« Impulser des changements, quelle que soit l’organisation, est un processus très lent, explique Renate Milos. Non pas parce que les gens les refusent – tous ceux avec qui j’ai pu travailler au Sri Lanka étaient au contraire des gens très engagés, désireux d’aller de l’avant et de faire évoluer la situation. Et ce sont eux les véritables acteurs de ce changement, insiste Renate Milos. Mais le chemin pour mettre en place ces changements est souvent sinueux, complexe, et c’est là que notre appui peut faire une différence. Notre rôle est d’appuyer les gens qui sont les architectes des changements. »


Uniterra est un programme canadien de coopération internationale, mis en œuvre conjointement par le CECI et l'EUMC. Dans le cadre du programme, 600 volontaires contribuent chaque année au changement positif et durable vers un monde plus égalitaire, en consacrant de quelques semaines à deux ans de leur vie à un travail volontaire à l’international. Le programme permet aussi d’impliquer des Canadiennes et Canadiens et ainsi de jouer un rôle actif dans la lutte contre la pauvreté.

Le programme Uniterra bénéficie de l'appui financier du gouvernement du Canada, par l'entremise d'Affaires mondiales Canada.

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