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L'accès à la terre demeure un défi majeur pour de nombreuses femmes en Afrique de l'Ouest. Au Ghana, où elles représentent près de la moitié de la main-d'œuvre agricole mais possèdent une faible proportion des terres, le système Taungya modifié (STM) offre une approche prometteuse pour renforcer à la fois leur autonomie économique et la restauration des paysages forestiers.
Cette approche a été mise en lumière lors d'un webinaire organisé dans le cadre du projet Adaptation climatique fondée sur la nature dans les forêts guinéennes d'Afrique de l'Ouest, financé par Affaires mondiales Canada. Mis en œuvre par le consortium EUMC/CECI avec plusieurs partenaires, dont l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le projet intervient auprès de 68 communautés situées dans les zones tampons de réserves forestières stratégiques en Côte d'Ivoire, en Guinée et au Ghana.
Au Ghana, l'UICN met en œuvre le système Taungya modifié, une approche d'agroforesterie participative qui permet à des agricultrices et agriculteurs de cultiver des terres forestières dégradées tout en contribuant à leur reboisement. Grâce à ce mécanisme, des femmes peuvent accéder à des parcelles situées dans le domaine forestier national afin d'y cultiver des denrées alimentaires tout en participant à la restauration des écosystèmes forestiers.
Les résultats observés sont encourageants :
Dans les réserves de Bura et de Bosomtwe, 50 hectares de terres dégradées ont été restaurés grâce à la participation de 83 agricultrices et agriculteurs, dont 53 femmes. Les participantes conservent les revenus générés par leurs cultures vivrières et bénéficient également d'un droit sur une partie des revenus provenant de l'exploitation future du bois, créant ainsi des perspectives économiques à court et à long terme.
Le projet favorise aussi l'entrepreneuriat vert féminin. Vingt-trois pépinières gérées par des femmes ont été créées ou renforcées, tandis que plus de 500 micro, petites et moyennes entreprises locales reçoivent un accompagnement technique et financier. L'amélioration des revenus contrôlés par les femmes contribue également à renforcer la sécurité alimentaire des ménages.
Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Les normes socioculturelles continuent parfois de limiter l'accès des femmes à la terre, tandis que les changements climatiques accentuent les risques liés aux sécheresses, aux feux de brousse et à la dégradation des écosystèmes. La pérennisation des acquis passera également par le renforcement de l'accès aux marchés et au financement pour les entreprises locales.
Le système Taungya modifié illustre une approche qui vise à concilier restauration des paysages forestiers et amélioration des moyens de subsistance. En favorisant un accès plus équitable à la terre et en créant des occasions de revenus pour les femmes, cette initiative met en lumière le potentiel des solutions fondées sur la nature pour soutenir la résilience des communautés.